La fin de l'ère des enseignants, par Nathalie Bulle

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La fin de l'ère des enseignants, par Nathalie Bulle

Message par Spinoza1670 le Jeu 28 Mai - 22:44

Lien : La fin de l'ère des enseignants, par Nathalie Bulle

Plan de l'article :
- La professionnalisation des enseignants : un levier de la rénovation pédagogique
- Manifestations d’un échec, et mise en perspective
- La critique néo-marxiste et les progressismes éducatifs
- Une théorie philosophique particulière
- La position dominante des sciences de l’éducation
- Le dédouanement gouvernemental
- L’affaiblissement progressiste des systèmes éducatifs et l’influence des agences internationales

Extrait :
Nathalie Bulle a écrit:
L’accélération de l’expansion des systèmes éducatifs dans les années 1960 a suscité la critique néo-marxiste. Cette dernière s’est faite la critique de toutes les formes de différenciations internes qui conduisaient à un partage des parcours des élèves privilégiant statistiquement certains groupes sociaux, sur le plan de l’orientation, sur le plan pédagogique, sur celui des classes ou des établissements. Rangée notamment derrière le célèbre sociologue français Pierre Bourdieu, cette critique a mis en cause les formes dominantes de la culture scolaire. La profession enseignante s’est trouvée ainsi accusée de reproduire par l’école des inégalités contre lesquelles elle pensait au contraire lutter. C’était l’époque du triomphe des structuralismes et relativismes associés. Dans ce contexte de forte remise en cause du modèle académique, et du développement de la problématique de l’échec scolaire, au besoin amplifiée par les promoteurs des idées nouvelles[7], les approches pédagogiques multiples et variées ont été promues, sous l’égide d’un Freinet, d’un Piaget, sous la bannière des pédagogies actives, des pédagogies de projet etc. Toutes ces approches ont été diffusées au nom de la modernisation et de la démocratisation de l’enseignement. Ces théories ont tout d’abord déferlé, dans les années 1970, dans les anciennes écoles normales d’instituteurs où étaient formés les enseignants du premier degré.[8]

On peut noter cette coïncidence entre la domination de la critique néo-marxiste et la montée institutionnelle des progressismes éducatifs variés. Elle s’explique par une sorte de symbiose idéologique. La première, par sa critique radicale et récurrente du système éducatif, s’attaque indéfiniment à toutes les formes d’inégalité qui ne manquent pas de se créer. La seconde, par la réponse radicale qu’elle offre, proposant une table rase du passé pédagogique et des missions intellectuelles antérieures de l’école, au service d’une mission éducative première développée autour de la thématique de la citoyenneté et du vivre ensemble.[9]

Spinoza1670
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